La professionnalisation des communicateurs. Dynamiques, tensions et vecteurs | 2013 | No 1

29303100788230lDirection de numéro : Dany Baillargeon, Marc D. David

Ce premier cahier du RESIPROC sonde les dynamiques de légitimation impulsées par les associations professionnelles, les impacts de la reddition de compte et de l’efficacité de la communication sur l’éthique du professionnel. Des positions inspirantes, appuyées sur les réalités des professionnels de la communication. Des analyses critiques, scrutant les forces et les mouvements qui participent à construire le professionnel de la communication. Ce premier cahier du RESIPROC sonde ce qui semble « faire professionnel » : dynamiques de légitimation impulsées par les associations professionnelles, impacts de la reddition de compte et de l’efficacité de la communication sur l’éthique du professionnel, tensions entre l’individu communicant et le communicateur technicisé. Par la même occasion, des questions sont soulevées sur l’apport de la formation et les façons de transmettre savoir, savoir-faire et savoir-être professionnels.

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Table des matières

Préface : Le Réseau international sur la  professionnalisation des communicateurs (PDF)
Patrice de la Broise, Maître de conférences HdR, Université Charles-de-Gaulle-Lille 3, GERIICO
Vincent Brulois, directeur de l’UF Communication, Université Paris 13, PRES Sorbonne Paris Cité, LabSIC

Introduction : Dynamiques, tensions et vecteurs de professionnalisation des communicateurs (PDF)
Dany Baillargeon, professeur, Université de Sherbrooke
Marc D. David, professeur, Université de Sherbrooke
François Lambotte, professeur, Université catholique de Louvain, LASCO

Figures et dynamiques de la professionnalisation des communicateurs. Un miroir tendu aux associations en Belgique, en France et Canada
Dany Baillargeon, professeur, Université de Sherbrooke
Vincent Brulois, maître de conférence,  Université Paris 13, PRES Sorbonne Paris Cité, LabSIC
Catherine Coyette, assistante de recherche, Université catholique de Louvain, LASCO
Marc D. David, professeur, Université de Sherbrooke
François Lambotte, professeur, Université catholique de Louvain, LASCO
Valérie Lépine, maître de conférences, Université de Grenoble, GRESEC

La lutte pour la reconnaissance? Codes, chartes, référentiels et autres manifestes de professionnels français de la communication
Patrice de la Broise, Maître de conférences HdR, Université Charles-de-Gaulle-Lille 3, GERIICO

De l’image au social : le chemin d’une évolution pour les pratiques en communication interne
Vincent Brulois, directeur de l’UFR Communication, Université Paris 13, PRES Sorbonne Paris Cité, LabSIC
Jean-Marie Charpentier, responsable de l’observation sociale d’une entreprise publique, chercheur associé au LabSIC

L’évaluation de la communication : représentations et enjeux pour les professionnels  
Valérie Lépine, Maître de Conférences en SIC, Université de Grenoble, Gresec

Les dispositifs de professionnalisation des formations universitaires en communication. Récit et analyse d’un projet belgo-canadien de pédagogie active
François Lambotte, professeur, Université catholique de Louvain, LASCO
André A. Lafrance, professeur, Université de Montréal
Catherine Coyette, assistante de recherche, Université catholique de Louvain, LASCO

Les dérapages des relations publiques
Bernard Dagenais, professeur titulaire au Département d’information et de communication, Université Laval

Biographies des auteurs


Résumés/Abstacts

Figures et dynamiques de la professionnalisation des communicateurs. Un miroir tendu aux associations en Belgique, en France et Canada

Dany Baillargeon, professeur, Université de Sherbrooke
dany.baillargeon@usherbrooke.ca
Vincent Brulois, maître de conférence, Université Paris 13, PRES Sorbonne Paris Cité, LabSIC
brulois@sic.univ-paris13.fr
Catherine Coyette, assistante de recherche, Université catholique de Louvain, LASCO
catherine.coyette@uclouvain-mons.be
Marc D. David, professeur, Université de Sherbrooke
marc.d.david@usherbrooke.ca
François Lambotte, professeur, Université catholique de Louvain, LASCO
francois.lambotte@uclouvain-mons.be
Valérie Lépine, maître de conférences, Université de Grenoble, GRESEC
valerie.lepine@iut2.upmf-grenoble.fr

Cette recherche menée dans l’espace francophone commun à la Belgique, à la France et au Canada analyse les dynamiques de professionnalisation et identifie les discours et actions performatives qui participent à construire une « figure » du communicateur professionnel. L’analyse inductive d’entrevues auprès de dix-sept représentants actuels et passés de neuf associations professionnelles circonscrit trois formes que prend la figure du professionnel en communication : les valeurs (éthos), les actions (praxis) et les objets (artéfacts). La mise en relation des éléments qui composent ces formes permet d’identifier trois tensions : 1) l’aspiration à une professionnalisation déontique et stratégique pas toujours réalisée; 2) l’idéal véhiculé par les associations et une constante polarisation vers la tâche des professionnels; 3) un apparent débalancement entre les artéfacts normatifs et leur réelle performativité dans la praxis et dans l’éthos. Enfin, même si elle n’offre pas d’explication à ces tensions, cette recherche propose un outil méthodologique qui pourrait servir d’outil d’aide à la mise en place d’une politique professionnelle associative.


La lutte pour la reconnaissance? Codes, chartes, référentiels et autres manifestes de professionnels français de la communication

Patrice de la Broise, Maître de conférences HdR, Université Charles-de-Gaulle-Lille 3, GERIICO
patrice.delabroise@univ-lille3.fr

À travers un dispositif textuel à caractère déontique, cette communication interroge l’agentivité de codes professionnels, chartes et autres manifestes dans leur contribution performative à la professionnalisation des communicateurs. L’appareillage déontique qui sert une professionnalisation aux prises avec la multiplicité de métiers relevant de secteurs, champs et fonctions multiples, sert également la reconnaissance des associations, syndicats et autres représentants qui revendiquent leur légitimité de porte-parole. Par-delà un corpus documentaire restreint, cette communication interroge la manière dont des regroupements professionnels contribuent à une régulation interne et externe de leurs métiers et fonctions de référence. Ce faisant, l’analyse ouvre sur la lecture dynamique d’une structuration « par défaut » (législatif et réglementaire) où la segmentation n’opère pas seulement sur le mode de la différenciation de territoires à géométrie variable et la revendication de leur souveraineté, mais aussi par un travail d’accompagnement et d’encadrement des professionnels en exercice. Cette contribution constitue donc une invitation à poursuivre, dans l’espace francophone, l’analyse dynamique d’une professionnalisation disputée par de multiples instances représentatives, sur différents modes rhétoriques (juridique, déontologique, militant, casuistique…) et services (édition, événements, formation, conseil…) aux professionnels.


De l’image au social : le chemin d’une évolution pour les pratiques en communication interne

Vincent Brulois, directeur de l’UFR, Université Paris 13, PRES Sorbonne Paris Cité, LabSIC
brulois@sic.univ-paris13.fr

Jean-Marie Charpentier, responsable de l’observation sociale d’une entreprise publique, chercheur associé au LabSIC, France
cojm@club-internet.fr

L’entreprise est aux prises avec des complexités organisationnelles, sociales et territoriales de plus en plus fortes qu’une conception de la communication, indexée sur l’image, ne traduit pas. En première ligne, les communicateurs perçoivent la nécessité de s’extraire du cloisonnement par fonction pour jeter des ponts vers une conception plus sociale de la communication. Des frémissements sont perceptibles qui témoignent d’un questionnement et de possibles reconfigurations de l’approche de la communication dans les entreprises. C’est ce que nous ont dit, à leur manière, un certain nombre de directeurs de la communication interrogés depuis octobre 2009. De leurs propos, nous avons tiré des constats (sur la compréhension, sur la juste distance, sur la relation, sur le sens, sur les connaissances nécessaires) qui sont révélateurs d’une recherche d’articulation entre les individus, d’un souci de mettre à distance une approche réductrice de la communication au profit d’une communication au cœur du système social, au cœur du travail.


L’évaluation de la communication : représentations et enjeux pour les professionnels

Valérie Lépine, Maître de Conférences en SIC, Université de Grenoble, Gresec
Valerie.lepine@iut2.upmf-grenoble.fr

Le mouvement de professionnalisation de la communication s’est manifesté ces dernières années en France par une certaine reconnaissance de la dimension stratégique de cette fonction et par un rattachement plus fréquent, quoique non systématique, à la Direction Générale des organisations. En se rapprochant des fonctions dites de pilotage, la communication s’est vue, dans le même mouvement, contrainte par la nécessité gestionnaire de rendre des comptes en termes de performance et de retour sur investissement. Les représentations des communicants – recueillies dans une recherche empirique menée par entretiens qualitatifs auprès d’une trentaine de responsables et chargés de communication expérimentés – sur les évolutions de la fonction et des métiers de la communication montrent l’importance prise par l’évaluation de leurs activités. L’évaluation joue un rôle important dans le processus de légitimation de la communication comme fonction productrice de valeur. Elle est aussi l’occasion pour les professionnels d’entrer dans une posture réflexive qui interroge la mobilisation de compétences propres à la communication, tiraillée entre technicisation et spécialisation des métiers d’une part, ambition stratégique d’autre part. Conséquemment, les attentes à l’égard de la formation académique et les difficultés à y répondre sont le reflet des tensions qui traversent cette dynamique de professionnalisation.


Les dispositifs de professionnalisation des formations universitaires en communication. Récit et analyse d’un projet belgo-canadien de pédagogie active

François Lambotte, professeur, Université catholique de Louvain, LASCO
francois.lambotte@uclouvain-mons.be

André A. Lafrance, professeur, Université de Montréal
andre.a.lafrance@umontreal.ca

Catherine Coyette, assistante de recherche, Université catholique de Louvain, LASCO
catherine.coyette@uclouvain-mons.be

Dans cet article, nous développons une réflexion sur la professionnalisation de la formation universitaire en communication. Après avoir exposé les différentes significations possibles pour la notion de professionnalisation ainsi que les dispositifs pédagogiques s’y référant, nous faisons état de la situation en Belgique, en France ainsi qu’au Canada. Nous dégageons ensuite une série d’enjeux que nous abordons au travers du récit de notre propre dispositif d’enseignement. Le récit retrace la mise en place d’un séminaire de communication interne interactif dans lequel des étudiants canadiens, français et belges collaborent pour la résolution d’un audit de communication interne fictif. Au final, en prenant appui sur le cadre théorique de Wittorski (2012),  notre article se clôture par une discussion sur les plus-values et les limites d’un tel projet tant pour les étudiants que pour les enseignants. Nous concluons que notre dispositif de formation que nous qualifions de « pédagogie active » est en adéquation avec les attentes et recommandations des associations professionnelles. Parallèlement, il préserve chez eux le développement de compétences universitaires. Les étudiants sont notamment amenés à accroître leur savoir-faire tout en élaborant une réflexion critique sur leurs pratiques professionnelles.


Les dérapages des relations publiques

Bernard Dagenais, professeur titulaire au Département d’information et de communication, Université Laval
Bernard.Dagenais@com.ulaval.ca

Un professionnel des relations publiques peut-il échapper aux pressions de ses patrons lorsqu’ils décident de taire la vérité, de construire des scénarios autour de demi-vérités, de pratiquer la désinformation? La réponse est non. Dès lors, le professionnel des relations publiques devient un mercenaire au service de gens sans scrupules, ou se transforme en avocat et défend la cause de ses employeurs sans souci du bien public. Comment empêcher que cette situation perdure? Trop souvent le professionnel des relations publiques doit se soumettre ou se démettre. Pour éviter le dérapage continuel de la profession des relations publiques, il faut absolument que les associations professionnelles acceptent de livrer un combat sur la place publique contre les dérives du métier. Or, rien n’indique qu’elles soient prêtes à livrer ce combat.


Biographies des auteurs

Dany Baillargeon (Québec) est professeur en communication appliquée à l’Université de Sherbrooke. Chercheur associé à la Chaire de communication marketing et relations publiques de l’Université du Québec à Montréal et responsable des programmes de 2e cycle en communication appliquée, il s’intéresse à la culture créative des petites organisations, à l’identité des travailleurs dans les domaines créatifs de même qu’à la créativité dans la communication marketing.

Vincent Brulois (France) est maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’Université Paris 13, membre du Laboratoire des Sciences de l’information et de la communication (LabSIC) et actuel directeur de l’UFR Communication à Paris 13. Ses recherches portent principalement sur l’évolution de la fonction « communication interne » dans les entreprises, sur l’évolution du rapport de l’individu au travail et à son entreprise et sur l’évolution du rapport de l’entreprise à la société.

Jean-Marie Charpentier (France) est responsable de l’Observation sociale d’une entreprise publique en France, docteur en sciences de l’information et de la communication et vice-président de l’Association française de la communication interne, où il est responsable des liens entre communication et sciences humaines et sociales.

Catherine Coyette (Belgique) est assistante de recherche et d’enseignement à l’Université catholique de Louvain à Mons. Elle est membre du laboratoire d’analyse des systèmes de communication des organisations (LASCO). Ses recherches portent sur les professionnels de la communication publique et sur la professionnalisation des dispositifs d’enseignement en communication.

Bernard Dagenais (Québec) est professeur titulaire au Département d’information et de communication à l’Université Laval. Membre de la Chaire de communication marketing et relations publiques de l’Université du Québec à Montréal, ses champs de recherche couvrent les relations publiques, l’image et la réputation des individus et des entreprises.

Marc D. David (Québec) est professeur responsable du programme de communication marketing à l’Université de Sherbrooke. Il est chercheur associé à la Chaire de communication marketing et relations publiques de l’Université du Québec à Montréal. Ses recherches portent sur l’analyse des stratégies de communication et sur l’analyse processuelle des pratiques de communication.

Patrice de la Broise (France) est maître de Conférences HDR en sciences de l’information et de la communication et vice-président Formation tout au long de la vie de l’Université Charles-de-Gaulle Lille 3. Directeur adjoint du Groupement des études et recherches interdisciplinaires en information-communication (GERIICO – EA 4073), il développe une approche communicationnelle des organisations (ACO) à partir du concept sociologique de professionnalisation pour en proposer une lecture socio-sémiotique, construction (inter)discursive du sujet, de l’organisation et de la société.

André A. Lafrance (Québec) est professeur à l’Université de Montréal. Il est l’auteur d’une quinzaine d’ouvrages sur les communications d’entreprise et est invité à donner des formations dans des institutions universitaires de Belgique, Bulgarie, Égypte, France et Vietnam.

François Lambotte (Belgique) est ingénieur en gestion et docteur en sciences de gestion et professeur à l’école de communication de l’Université catholique de Louvain à Mons. Il est vice-président du laboratoire d’analyse des systèmes de communication des organisations (LASCO). Ses recherches portent sur l’analyse processuelle et critique des pratiques de communication interne et de changement.

Valérie Lépine (France) est maître de conférences en SIC à l’Université Pierre Mendès France, IUT2-Grenoble2. Chercheuse au Groupe de recherche sur les enjeux de la communication (GRESEC), ses travaux portent sur les communications organisationnelles au prisme des problématiques liées au déploiement des Tics, au nouveau management public, ainsi que sur les articulations entre compétences managériales et communicationnelles et les attentes de reconnaissance qui en résultent.

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